Je partage avec vous des billets d'humeur, mes observations, ce que j'aime et n'aime pas trop. Ce ne sont pas des paroles d'évangile, juste un avis capable d'accueillir le vôtre, même contraire, sans rancune.
Source www.dakarblog.info
C’est la saison des pluies au Sénégal et la pluie ne demande la permission de personne pour assiéger les lieux. Elle tombe de manière intempestive ; c’est vraiment la dictature de la nature sur les humains. A chacun de choisir de s’y accommoder en continuant, imperturbable, à vaquer à ses occupations ou de rester terré dans sa maison et coupé de tout.
C’est ainsi qu’en me promenant dans les rues de Dakar, je ne me sens pas dépaysée puisque je retrouve les mêmes odeurs que dans ma ville Pointe-Noire (Rép. du Congo). Je retrouve les mêmes nids de poules. Comme je sais faire les sauts stratégiques qui permettent de ne pas mettre les pieds dans l’eau (sale et stagnante), je m’en sors plutôt bien. Comme ça peut être difficile de visiter une ville en ayant deux réflexes en même temps : découvrir les lieux et rester attentif pour ne pas se retrouver dans un trou rempli d’eau et de boue.
C’est comme si ce problème d’inondation devient courant dans les villes africaines en saison des pluies. Avec le manque de politique d’assainissement des villes, nous avons pris l’habitude d’enfouir nos ordures dans les canalisations, croyant que c’est ni vu, ni connu et qu’à la prochaine pluie tout disparaîtra comme par enchantement. Souvent, on commet le forfait en pleine nuit et imaginez que tout le monde fasse autant.
Or, nos ordures ont la dent dure, elles restent là et au fil du temps, elles colonisent nos canaux d’évacuation d’eau et refusent de laisser passer les torrents de nos pluies diluviennes. Comme l’eau n’aime pas qu’on lui barre le chemin, ce sont nos routes qui en font les frais. Les pluies à leur tour assiégent nos routes, nous empêchent de circuler librement, de vivre normalement, inondant nos maisons et pourrissant toutes nos ordures qui dorment devant nos habitations (depuis des lustres). Ainsi, nous avons pris l’habitude de vivre en ville inondée et ville qui pue. La meilleure c’est qu’on ne le remarque même plus.