Je partage avec vous des billets d'humeur, mes observations, ce que j'aime et n'aime pas trop. Ce ne sont pas des paroles d'évangile, juste un avis capable d'accueillir le vôtre, même contraire, sans rancune.

On dit que le bon réflexe lorsqu’on arrive dans une ville, un pays c’est de sortir pour apprivoiser son nouvel environnement. C’est ce que j’ai fait ce soir là, accompagnée de quelques trois collègues journalistes (sénégalais, libérien et béninois).
En fait, c’est une journaliste sénégalaise qui nous a invité à la rencontre d’une association qui bouclait un programme d’initiation à l’informatique de ses membres. Cela nous a permis de rencontrer une partie de la communauté peule du Sénégal et son célèbre musicien qui est le parrain de l’association.
A la fin de la séance, nous avons été invités en amis par notre artiste afin de partager son repas du soir. Il fallait donc quitter le lieu de la cérémonie pour nous rendre dans un quartier de Dakar (nord foire). Ma collègue du Sénégal ne vivant pas à Dakar connaissait vaguement le quartier. Moi aussi, pour être arrivée quelques jours avant tout le monde, je prétendais connaître ce quartier. Nous avons vite sauté dans un taxi en demandant à notre taximan de nous conduire chez notre hôte dont il affirmait connaître la maison. C’est quand même une star nationale bien connue ; donc nous lui faisons une confiance (très) aveugle.
Sans le savoir, notre aventure ne faisait que commencer. Le cher taximan, ne parlant que wolof nous a fait un tour non sollicité d’une partie de Dakar plongée dans la nuit à cause du « délestage » qui sévit ici aussi. Nous arrivons dans une intersection et tout d’un coup, on voit surgir (de la pénombre) un gendarme. Il se dirige vers notre chauffeur, pris visiblement, la main dans le sac à cause d’une (prétendue) infraction. Ils discutent, puis va se mettre devant le taxi pour empêcher le chauffeur de redémarrer. Evidemment, nous ne pigeons aucun mot (à l’exception de notre consoeur sénégalaise) de leur échange qui se fait en wolof.
Notre chauffeur est obligé de sortir pour aller discuter en aparté avec le brave gendarme (qui aime tellement son travail que même la pénombre ne peut décourager). Le chauffeur revient dans le taxi, ne communique rien à ses clients, redémarre sa voiture et fait une manœuvre qui nous risque un accident par derrière, puisqu’il ne voit rien. Il essaie d’aller devant, et sans le savoir, il tombe sur la voiture des gendarmes qui vient en face, et se met insulter le conducteur gendarme en lui disant de repasser son permis. Décidément, notre chauffeur est dépassé par les événements. Il devient très nerveux au point où le confrère qui est devant le surprend en train de trembler.
Nous reprenons notre route et on a l’impression que notre chauffeur fait tout pour prendre des raccourcis afin de nous éviter les embouteillages de cette ville. Or, il s’est perdu ou feint de l’être pour nous faire payer un peu plus. Nous tournons (en rond), revenons sur notre chemin, lui demandons de se calmer pour ne pas attirer un autre gendarme, compassion oblige. Au bout d’un moment, c’est sûr dans notre tête, notre chauffeur est un bluffeur, il ne connaît pas la maison de notre hôte, mais refuse de l’admettre parce que cela va de son honneur de chauffeur de taxi de Dakar.
Nous décidons donc, avec tact, (ça va de notre vie) de lui demander de s’arrêter pour solliciter l’aide des passants. Ce qui va se faire en quelques minutes et nous voilà enfin devant la maison de notre star nationale.
Ouahou ! La connaissance d’une ville passe par là. Merci chauffeur dakarois, tu nous as fait faire un tour improvisé de Dakar by night.