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Ce matin là, alors qu'il n'avait pas plu sur ce quartier de la ville côtière, nous étions tous surpris au moment de nous rendre à
nos occupations habituelles, de constater que nos rues étaient inondées d'eau. Mystère, d'où venait cette eau ?
Il est certes vrai que les pluies sectorielles sont légions
ici, mais à part les rues inondées rien d'autre n'était mouillé. C'est alors qu'un attroupement s'est formé autour de la marre d'eau qui avait trouvé assise dans un creux au bout de la rue. Il a
sufit de quelques minutes et de quelques coups d'oeil pour qu'on refasse l'itinéraire de l'eau. Elle venait de la belle, grandiose, merveilleuse, giganteste, riche villa de notre nouveau
voisin.
En tout cas n'eut été ce nouvel appel à se faire remarquer, nous avons été fair play quand ce voisin s'est installé. Nous avons contenu nos complexes et admis avec résignation que chacun a le
droit de jouir de ses richesses et de les montrer. Ce nouveau voisin, une personnalité de notre ville, donc pas n'importe qui, lorsqu'il est arrivé a tout fait pour ne pas passer inaperçu. Ceux
qui vivent aux environs ont eu droit à un jour supplémentaire d'éléctricité, alors que ce jour-là, le délestage qui sévit aussi dans notre quartier, voulait que ce soit notre secteur qui soit
éclairé par l'electricité que la ville concède à nous "offrir" un jour sur deux. Malgré tout, nous avons accepté de subir cette injustice sans rechigner. Mais cette fois, ça commençait à bien y
faire.
"Mais qu'est-ce qui vous étonne, elle vient de la piscine de
monsieur I, de la nouvelle villa", lance un monsieur.
Et une dame de retorquer
:
"Tu trouves donc normal que ces gens nous
déversent l'eau sale de leur piscine ?"
"Mais que veux-tu que je te dise, ce n'est pas mon
problème, si tu veux tu peux aller leur parler"
Du coup, j'ai vu l'attroupement se défaire. Comme je voulais en savoir un peu plus, je poursuis le monsieur qui semblait avoir des informations sur la provenance de cette
eau.
"Ecoutez, je n'ai fait que dire ce que je sais, elle vient
de cette villa. Après je n'ai pas envie d'avoir des ennuies. Laissez-moi tranquille. Qui êtes vous d'ailleurs ? Vous êtes une espionne ou quoi ? "
Je lui réponds : "Non, je veux juste comprendre comme tout
le monde" et monsieur de tourner le dos, sans dire aurevoir.
Je fais tout pour me mêler aux dames qui avaient l'air mécontentes et qui comme moi devaient se rendre au marché. Nous passsons en silence devant la fameuse villa, confirmons les dires du
monsieur sur la provenance de l'eau et un peu plus loin, je tente de relancer la discussion.
"Ah, moi, je ne veux pas avoir des ennuies, ces gens sont
influents, ils n'ont qu'à faire ce qu'ils veulent".
"Mais tout à l'heure tu disais que ce n'était pas
normal"
"Qu'y a-t-il encore de normal dans ce pays
? Mais on fait avec. Si tu parles, tu risques d'avoir des ennuies. Ah, je ne veux pas avoir des problèmes"
Ainsi, je n'en saurais pas plus sur cette histoire, ni
de l'identité du nouveau voisin, ni de la nature de l'eau que je devais (re)enjamber à mon retour à la maison. Ce qui est sûr, elle venait de la villa incriminée. Ce qui est également sûr c'est
d'entendre souvent cette question lorsqu'on n'est pas d'accord avec une personne et qu'on le fait remarquer :
"Eh, tu me connais, sais-tu qui je suis
?"
C'est la question qui cloue le bec et grossit le stock
de frustration. La frustration est devenue le lot de beaucoup de congolais, à défaut de demander des comptes à certains qui se sentent intouchables, il vaut mieux se taire et continuer sa route.
Circulez, il n'y a rien à voir et surtout à en redire !!!
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